Les schizophrénies

Psychologue spécialiste de la schizophrénie, Madame Fillette, pysychologue et psychanalyste à paris 6, a travaillé pendant plusieurs années auprès de patients diagnostiqués schizophrènes en services de Psychiatrie Adulte et auprès des familles de patients en milieu associatif.

Ses recherches universitaires concernent la schizophrénie et l'étude des traitements psychothérapeutiques qui peuvent être proposés.

Elle accueille et prend en charge les adolescents et les adultes concernés par la schizophrénie (patients et proches de patients).

 

Qu'est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est un terme générique qui désigne une pathologie psychiatrique. Cette maladie implique une altération du contact avec la réalité et se traduit par un certain nombre de symptômes plus ou moins invalidants selon les cas de figure. Les premiers signes apparaissent chez l'adolescent et le jeune adulte

 

On retrouve le plus souvent:

  • Un sentiment d'étrangeté: le patient ne "reconnaît" plus son environnement, un contact différent se met en place entre lui et le réel (sensation d'être dans un décor de film, que les objets sont faux, que les gens sont des sosies, etc.)
  • Des hallucinations psychosensorielles: le patient entend des voix (qui peuvent être menaçantes) et perçoit des choses sans qu'il existe réellement d'objet à percevoir (le patient voit aussi parfois la réalité déformée, comme des visages qui s'allongent, par ex.)
  • Le sentiment d'être espionné, traqué, menacé: le patient se sent observé, jugé (il se sent épié par les services de renseignements, il est persuadé qu'on a caché des caméras chez lui, il a l'impression que ses voisins lui envoient des messages malveillants, etc.)
  • Un repli sur soi: le patient désinvestit ses activités favorites et passe beaucoup de temps à son domicile (décrochage scolaire, perte d'intérêt pour les activités auparavant appréciées, raréfaction des relations interpersonnelles, etc. )
  • Des bizarreries comportementales: le patient adopte une attitude énigmatique et un comportement incompréhensible pour ses proches (tenue vestimentaire inadaptée, projets grandioses, fugues, etc.)
  • Une désorganisation de la pensée: le patient tente de produire des raisonnements mais ne parvient plus à trouver la cohérence du discours (de nouveaux mots apparaissent, les phrases sont parfois vides de sens, les idées sont incohérentes, etc.)
  • Une conviction délirante: le patient est intimement convaincu que ses perceptions / intuitions / idées / déductions reflètent la réalité et agit en fonction de son vécu (le patient jète ses vêtements par la fenêtre car il pense que le diable les a ensorcelés, il se rend au Vatican pour délivrer un message divin, il dépense son argent de manière inconsidérée par conviction qu'une célébrité a alimenté son compte en banque, etc.)
  • Une angoisse intense que le patient peine à verbaliser: cette période d'angoisse précède généralement l'arrivée des symptômes délirants ou la rechute délirante.
  • Une difficulté à traiter les émotions, de manière générale: le patient, qui semble souvent détaché et qui donne l'impression de ne plus ressentir d'émotions, est en réalité débordé par son vécu émotionnel.

Les signes qui font évoquer une schizophrénie varient considérablement d'un patient à l'autre; il est couramment admis qu'il existe autant de formes de la maladie que d'individus qui en souffrent. C'est pourquoi, à l'heure actuelle, on évoque plus volontiers les schizophrénies que la schizophrénie.

 

Selon les études, il existe trois types d'évolutions de la maladie:

  1. Une amélioration des symptômes
  2. Une chronicisation de la maladie
  3. Une aggravation de la symptomatologie

 

Depuis quelques années, certains professionnels évoquent les notions de guérison et de rémission.
Cette tendance n'est pas majoritaire au sein de la communauté scientifique, mais la clinique nous montre qu'il est en effet possible, pour un patient ayant été diagnostiqué schizophrène, de se rétablir, de se réinsérer dans la société et de mener une existence satisfaisante.

 

Il a été démontré qu'une psychothérapie, associée aux traitements médicamenteux, aide les patients à se rétablir. 

 

D'autres facteurs sont associés à l'amélioration de l'état du patient, parmi lesquels: la précocité de la prise en charge après l'apparition des premiers signes, la présence de l'entourage auprès du patient, le non usage de substances (le cannabis, en particulier), la participation à des groupes thérapeutiques de patients (les Réseaux d'Entendeurs de Voix, notamment), etc.

La schizophrénie n'est plus considérée, à l'heure actuelle, comme une maladie qui survient à la manière d'un "coup de tonnerre dans un ciel serein". Il a en effet été souvent constaté que les premiers symptômes peuvent apparaître de manière progressive, insidieuse, "à bas bruit". Or il est important de consulter le plus rapidement possible, dès l'apparition des premiers symptômes, afin d'enrayer au mieux leur évolution.

 

Face à l'apparition des symptômes mentionnés ci-dessus chez un adolescent ou un jeune adulte, il est fortement recommandé de prendre rendez-vous auprès d'un professionnel (psychiatre, psychologue clinicien) pour une consultation. 

 

En cas d'urgence et / ou de mise en danger du patient ou d'autrui, une hospitalisation en psychiatrie peut s'avérer nécessaire. Le suivi psychologique se met alors en place avec le Psychologue du service pendant le séjour et se prolonge au décours de celui-ci (en CMP ou en libéral).

 

Laure Fillette
Psychologue Psychanalyste à Paris 6